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la copie est un art

La copie est un art difficile, laborieux. Il faut s'appliquer, s'acharner à rendre la copie conforme à son sujet. Il faut s'oublier au maximum. L'originalité est interdite. Le talent est pour les autres. (JL Borges). 

Au moyen age, les peintres reproduisaient souvent des modèles antérieurs. La répétition, par la copie des mêmes motifs, a donné aux oeuvres de cette époque un caractère collectif qui dura jusqu'au XV ème siécle. Ensuite, les peintres se mirent à imiter la nature, la copie ne servant plus qu'à l'enseignement des arts picturaux. Elle fut également utilisée afin de reproduire des oeuvres sous l'égide du maître qui pouvait ainsi les signer comme s'il les avaient exécutées de sa main. Ce n'est qu'à la fin du XV ème siécle que la conscience de la propriété artistique commença à se manifester....(Source: Le dictionnaire Larousse de la peinture)

Encore aujourd'hui, la copie d'oeuvre originale dans les musées est une activité tout à fait légale, encadrée par le décret N°1255 du 11 mars 1957 article 41. Les musées du Louvre et d'Orsay autorisent la reproduction de leurs oeuvres par les copistes de musée à certaines conditions :

  • Le copiste de musée reçoit une autorisation de copier une oeuvre pour une durée de 3 mois sous réserve du respect du règlement intérieur du musée.
  • La copie doit être d'une taille supérieure ou inférieure de 1/5 de la hauteur et de la largeur de l'original.
  • Le copiste n'est pas autorisé à reproduire la signature du maître.

Dans quelles conditions puis-je réaliser des copies d’œuvres d’art ?

La loi interdit de reproduire des oeuvres protégées, sans le consentement de l'auteur ou des ayant-droits, et après acquittement des droits d'auteur. Les oeuvres sont protégées l'année du décès de l'artiste et 70 ans après, tombent alors dans le domaine public. Généralement les ayant-droits refusent systématiquement les copies sans le paiement des droits d'auteur ; vous devez avoir l'autorisation de ceux-ci. Art. L. 123-1 : L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. (L. n° 97-283 du 27 mars 1997, art. 5) " Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l’année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. ")

Si l’œuvre appartient au domaine protégé il convient d’obtenir l’autorisation préalable de l’auteur ou de ses ayants droit. Si l’œuvre relève du domaine public, il est possible de réaliser des copies et de les commercialiser sous réserve de respecter un certain nombre de précautions rendant impossible la confusion de votre copie avec celle de l’œuvre originale (différence de format entre la copie et l’original équivalente à au moins 5%, apposition d’une inscription indélébile au dos de la toile établissant qu’il s’agit d’une copie de l’œuvre originale de…. (nom auteur, références de l’œuvre). Source : adagp (société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques)

Le site www.adagp.fr donne le nom de tous les auteurs qui sont couverts par l'ADAGP (et dans ce cas c'est pour l'ensemble de leur oeuvre) ou qui sont affiliés à des sociétés d'auteurs étrangers

 avec lesquelles l'ADAGP est en relation. Sauf exception comme Picasso, Matisse ou Magritte qui ont leur propre société d'exploitation, il faut s'adresser à l'ADAGP pour obtenir un droit de copie.

L'œuvre d'art originale et la reproduction

Il existe sans doute plusieurs sortes de copies: - les répétitions, copies de dimensions égales à celles de l'oeuvre originale, exécutées et signées par l'auteur lui-même. - les répliques, copies de dimensions différentes ou non, mais exécutées par l'auteur ou sous sa surveillance. - les copies exécutées en dehors de l'influence directe de l'auteur ou après sa mort mais sans intention frauduleuse. - les réductions, copies de format réduit, comme le nom l'indique - Et enfin les fac-similés, c'est à dire les copies obtenues au moyen de procédés de reproduction... Pour notre part nous utilisons indistinctement le terme de copie ou de répliques notamment dans le cas des répliques antiques

La copie, le faux et la signature

La notion de faux manifeste l'intention frauduleuse de celui qui le produit ou le commercialise : le faussaire réalise une œuvre sur laquelle il appose une signature ou un signe distinctif d'un artiste pour lequel il veut se faire passer. A la différence du faussaire, le copiste réalise la copie d'un tableau connu sous sa propre identité, on peut alors se poser la question de l'originalité de l'œuvre. C'est la raison pour laquelle sans doute, les musées interdisent au copiste le reproduction de la signature de l'artiste. Un arrêt de la cour de cassation de 1995 vient confirmer que dès lors que le copiste du tableau d'un peintre célèbre a respecté les dispositions légales en vigueur l'autorisant à reproduire selon une technique picturale l'œuvre considérée pourvu que ses dimensions fussent sensiblement différentes, il n'y a aucune violation du droit moral dans la reproduction de la signature qui fait incontestablement partie de l'œuvre elle-même. Il en serait différemment si cette apposition de signature entrait dans le cadre d'un plan frauduleux tendant à faire croire à l'acquéreur que l'œuvre est authentique. Dès lors que la mention faisant état de la copie figure d'une manière nette, sans équivoque ni dissimulation au verso du tableau, aucun reproche ne peut être fait à l'auteur des mentions.

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